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Résumé :
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En Belgique, en 2018, 20 % de la population présente un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Si on y regarde de plus près, on observe de grandes disparités régionales. En effet, ce taux se situe en Wallonie entre 17,6 % et 26 %, autour de 10 % en Flandre contre environ 30 % à Bruxelles. Dans cette dernière région, les travailleurs sociaux, les médecins généralistes, les éducateurs, les policiers constatent une augmentation doublée d’une complexification des problématiques liées à la santé mentale en Région de Bruxelles-Capitale ainsi qu’une augmentation des problématiques sociales en général. S’il ne s’agit pas pour autant d’un phénomène exclusivement bruxellois, la situation de Bruxelles est particulièrement inquiétante, cette analyse se concentrera donc sur le cas de la capitale. Face à des situations de grande détresse où la pathologie constitue un problème parmi d’autres et semble davantage liée au contexte socioéconomique dans lequel évolue la personne , les intervenants de première ligne éprouvent un certain malaise professionnel. L’objet de cette analyse est d’étudier les liens entre l’augmentation des problématiques de santé mentale observée par les acteurs de terrain et la précarisation croissante de la population. Il s’agit d’une question complexe mêlant santé et social qui nécessite donc une approche transdisciplinaire. Il sera d’abord question des effets de la précarité sur le psychique. Nous verrons comment la réforme du secteur de la santé mentale tend à s’adapter aux nouveaux enjeux. Il sera ensuite question de l’origine sociale de la souffrance psychique. Enfin, nous évoquerons la situation dans les CPAS et les missions des travailleurs sociaux qui sont en première ligne pour répondre à ces problématiques.
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