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Résumé :
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"Les études de Genre ont acquis une visibilité certaine et s’appliquent désormais largement aux Droits et santé sexuels et reproductifs (DSSR). À l’inverse, au moment où les mouvements anti-choix et anti-droits sont particulièrement vigoureux, les études décoloniales restent peu présentes des stratégies et modes opératoires français. La réticence à utiliser cette grille d’analyse pour penser la manière dont la France se (re)présente et de fait agit à l’égard des institutions et populations des « Suds » interroge au regard des effets produits. Prendre conscience de cette matrice coloniale, c’est questionner une méritocratie et un universalisme aveugle aux processus d’assignations, de rapports de pouvoir liés au genre, à la classe et à la race. Depuis le point de vue situé et marginal d’une femme racisée, française de 5e génération, d’un territoire ultramarin, travaillant depuis près de 15 ans dans le domaine de la coopération et le développement international en matière de DSSR, l’autrice observe une épistémologie de l’ignorance entretenue par des mécanismes d’altérisation et d’objectivation propre à la fabrique des normes et représentations en DSSR. Elle analyse les assignations propres aux « représentations l’absence » perpétuées par des imaginaires coloniaux que des processus de racialisation, d’ethnicisation et de subalternité alimentent. Constatant leurs effets sur elle, le rapport aux français.es et les acteurs des Suds, elle propose de confronter cette matrice coloniale aux représentations françaises en DSSR. Urgemment, cela participe de l’inaptitude à faire évoluer les rapports de pouvoirs et de savoirs auxquels le « Chaos-Monde » nous invite pourtant urgemment."
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