|
Résumé :
|
"L’infertilité concerne aujourd’hui près d’un couple sur six et touche plus de 3,3 millions de personnes en France. Elle s’inscrit désormais dans un contexte démographique inédit, marqué par une chute rapide de la fécondité : l’indicateur conjoncturel est passé de 1,87 enfant par femme en 2019 à 1,56 en 2025, tandis que le nombre annuel de naissances atteint son niveau le plus bas depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, conduisant à un solde naturel négatif. Cette évolution confère à l’infertilité une dimension stratégique majeure pour la santé publique et la cohésion sociale. Loin d’être un simple problème médical individuel, l’infertilité résulte de déterminants multiples et étroitement intriqués : biologiques, environnementaux, socio-économiques et comportementaux. L’âge demeure un facteur central, avec une diminution marquée de la fertilité féminine dès 30 ans et une altération progressive de la qualité spermatique chez l’homme après 40 ans. Le report croissant de la parentalité, favorisé par l’allongement des études, l’instabilité professionnelle, le coût du logement et les difficultés d’accès aux modes de garde, accentue ces vulnérabilités biologiques. Parallèlement, l’exposition aux perturbateurs endocriniens, certaines pathologies fréquentes (endométriose, syndrome des ovaires polykystiques, diabète) et des comportements tels que le tabagisme, la sédentarité et l’obésité contribuent significativement à l’hypofertilité. La prise en charge demeure inégalitaire et insuffisamment adaptée, notamment dans les parcours d’assistance médicale à la procréation. Une stratégie nationale structurée, fondée sur la prévention, la recherche et l’égalité d’accès aux soins apparaît aujourd’hui indispensable."
|