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Résumé :
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Cet article applique des perspectives anthropologiques et transculturelles à la construction et à la classification de la dépression. Un des objectifs est d'aller au-delà de l'universalité des étiologies et symptômes de l'expérience dépressive, et d'examiner comment ces expériences s'expriment à travers et en partant des relations sociales et des contextes politico-économiques. Nous évaluons des pratiques épidémiologiques qui ont tendance à dévaluer ces contextes, et nous étudions les effets néfastes d'une telle dévaluation qui se traduit par de faux diagnostics et la sous-estimation de la dépression, surtout dans les pays en voie de développement. Cet article est en faveur d'une approche plus auto-critique en ce temps de mondialisation de la psychiatrie, qui prend au sérieux les diverses formes locales d'étiologies, d'ontologies et de conditions sociales dans lesquelles les troubles dépressifs peuvent se manifester. Les altérations des enjeux et des représentations d'états subjectifs à un niveau local ont des conséquences morales et éthiques pour l'utilisation de la dépression comme catégorie psychiatrique et comme modèle mondial.
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