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Résumé :
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L’auteur a essayé de mettre en évidence, tout d’abord, les caractéristiques du syndrome d’Asperger du point de vue de la psychopathologie en effectuant une relecture du texte original (1944) de Hans Asperger. Cette thèse mériterait d’être réévaluée, rien que pour combler les lacunes du diagnostic opérationnel fondé sur le DSM ou la Classification internationale des maladies (CIM). Il apparaît que la vision d’Asperger des principaux troubles de la psychopathie autistique inclut un « trouble de l’évidence naturelle » ou un « trouble du sens commun ». On peut en déduire qu’en termes de troubles fondamentaux, le syndrome d’Asperger et la schizophrénie sous forme de symptômes déficitaires se recoupent au niveau de la perte de « l’évidence naturelle » (W. Blankenburg). Puis, l’auteur développe la compréhension du syndrome d’Asperger du point de vue de la perspective proposée par la notion de la résilience chez les personnes présentant un syndrome d’Asperger et de la possibilité pour elles, via ces mécanismes d’adaptation, de trouver dans les organisations de la personnalité « comme si » une position d’équilibre relatif. Évidemment, on rencontre rarement plusieurs cas qu’on pourrait considérer de façon pertinente comme syndrome d’Asperger réussi. Enfin, l’auteur fait remarquer qu’on peut trouver une sorte d’isomorphie entre le syndrome d’Asperger et la société contemporaine, en proposant le terme d’« aspérigisation » pour caractériser notre société, étant donné que l’équilibre entre émotion et logique y est fortement perturbé, que la logique s’hypertrophie, tandis que l’émotion s’appauvrit. Dans cette perspective, l’auteur voudrait aborder les raisons de l’augmentation des cas de syndrome d’Asperger dans le cadre clinique et dans la société en général à notre époque contemporaine.
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