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Résumé :
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Lors d'une première rencontre qui visait à préparer la journée d'étude organisée à l'initiative du Carpe le 9 octobre dernier, il m'a été demandé de parler des transformations observées tant au niveau des comportements délictueux des jeunes que du système qui est censé les prendre en charge. Très vite, il m'est cependant apparu que pour parler de la délinquance juvénile et de sa prise en charge, ainsi que de l'évolution de ces deux entités, il était nécessaire de parler aussi des transformations qui affectent la catégorie sociale «jeunesse». Les jeunes qui sont les clients privilégiés du système protectionnel ne sont en effet qu'une partie de la jeunesse, celle issue des classes populaires. Et cette jeunesse a subi des modifications importantes depuis le début des années 70. En effet, fin des années 60 et début des années 70, le «problème» de la jeunesse était, le plus souvent, pensé en termes de contre-culture. Les campus universitaires plus que les usines étaient les épicentres de la contestation de la jeunesse. Les jeunes éduqués et bourgeois alimentaient la contestation sociale et étaient les révoltés. Les jeunes issus des classes populaires étaient plutôt perçus comme les conformistes même si les jeunes «apaches» ou les «blousons noirs», sources d'inquiétude, ont conduit à la création des Maisons des jeunes. De plus, les années 60, communément appelées les golden sixties, se différencient nettement des années qui vont leur succéder : plein-emploi, croissance économique continue, croyance dans le mythe du progrès sont autant d'éléments qui permettent à une jeunesse en mal d'émancipation d'alimenter un esprit de contestation. Les changements structuraux -crises économique et de l'emploi - qui vont affecter les pays occidentaux dans les années 70 et 80 vont profondément modifier l'image de la jeunesse et en particulier, celle issue des classes populaires, bien plus touchée par la problématique du chômage que sa condisciple plus favorisée.
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