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Résumé :
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Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)i, les inégalités en santé « sont des différences en ce qui concerne l’état de santé ou la répartition des ressources entre différents groupes de population, qui découlent des conditions sociales dans lesquelles les gens naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent. Les inégalités en santé sont injustes et pourraient être réduites au moyen de politiques publiques équilibrées » (CDSS-OMS, 2008). Ces inégalités touchent particulièrement les enfants. Ainsi, dans le monde, chaque jour voit mourir plus de 21 000 enfants avant leur sixième année. « Ils meurent de pneumonie, du paludisme, de diarrhée et d’autres maladies. Les enfants de familles rurales et pauvres sont beaucoup plus touchés. Les enfants des 20 % de ménages les plus pauvres ont près de deux fois plus de risques de mourir avant leur cinquième anniversaire que ceux des 20 % les plus riches » (CDSS-OMS-2008). En Belgique, selon l’étude menée par l’IWEPS en 2013 40 % des enfants à Bruxelles et 25 % des enfants en Wallonie vivent actuellement sous le seuil de pauvreté1, soit pas moins de 80 000 enfants de 0 à 6 ans touchés par ce fléau en Fédération Wallonie-Bruxelles (FW-B). Or, comme le précisent Comeau et Boyleiii, « L’impact cumulatif négatif de l’exposition à la pauvreté dans la durée auprès des enfants influencent fortement leurs comportements d’internalisation et d’externalisation. Sur le plan de l’internalisation, ces enfants connaîtront davantage de difficultés, comme par exemple, souffrir de manque de confiance en eux, de dépression, d'anxiété, de phobie ou même être sujets à des pertes d'intérêts dans leurs activités » Ces difficultés pourront aussi s'accompagner de comportements solitaires ou d’isolement. Ces enfants rencontreront, avec plus de probabilités, des troubles du déficit de l’attention et des troubles du comportement social. Or, toutes ces difficultés sont autant de facteurs qui ont une influence importante sur l’apprentissage en général, mais qui sont également des déterminants directs et indirects de la santé. Les interventions visant la réduction des inégalités sociales de santé dans la petite enfance auront un impact tout au long de leur vie mais également sur les générations qui les suivront.
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